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19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 21:49

Mercredi 3 et jeudi 4 octobre, 18ème convention nationale de l'Assemblée des communautés de France (ADCF), à Paris : les deux journées se dérouleront à la maison de la Chimie

Informations : http://www.adcf.org/2-142-Fiche-Agenda.php?num=35

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18 septembre 2007 2 18 /09 /septembre /2007 10:54



Le président de la République a demandé lundi à la ministre de la Culture Christine Albanel de «dresser rapidement» un «état sanitaire» des monuments historiques français pour favoriser leur sauvegarde. «Cela ne sert à rien d'être si fier du patrimoine architectural français et de continuer à mégoter pour l'entretenir», a lancé le chef de l'Etat lors de l'inauguration de la Cité de l'architecture et du patrimoine. Il a affiché sa volonté de «modifier considérablement le régime du mécénat» et de favoriser les possibilités de partenariat entre le public et le privé, «en s'inspirant des fonds existants dans le cinéma ou le développement durable». «Faisons comme on fait partout dans le monde au service de cet objectif majeur», a-t-il dit. Le président a demandé à la ministre de la Culture de «dresser rapidement un état sanitaire des monuments classés et inscrits, d'effectuer un bilan des régimes juridiques de protection, de réfléchir (...) à la protection du nouveau patrimoine, d'intensifier les discussions avec les autres collectivités publiques pour améliorer la répartition des rôles en matière d'entretien et de gestion des monuments». Le chef de l'Etat, qui entend «rétablir la sauvegarde du patrimoine comme un objectif important de notre politique culturelle», a souhaité que le nombre de monuments ouverts au public tout au long de l'année «soit significativement augmenté et pas réservé aux seules journées du Patrimoine». Dans un entretien accordé au Monde (15/9) l’ancien ministre de la Culture, Jack Lang estime qu’aujourd’hui, «la situation de ce secteur est désastreuse. Les chiffres parlent d'eux- mêmes. Depuis 2002, les crédits affectés à l'entretien et à la restauration des monuments historiques ont baissé de moitié. Ils étaient de 536 millions d'euros, ils sont tombés à 270 millions d'euros cinq ans plus tard. Mais le plus grave, ce sont les fluctuations d'une année sur l'autre, les incertitudes, l'instabilité de ces crédits.» Il rappelle que «certaines communes entreprennent aujourd'hui la destruction de leurs églises. La disparition de ces lieux spirituels ne devrait pas être possible, sauf procédure d'exception. Ce patrimoine cultuel, même non protégé, même banal, doit être respecté. Mais comment l'Etat peut-il demander aux collectivités locales de respecter leur patrimoine historique alors que lui-même brade le sien ?»
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Published by Cédric TARTAUD-GINESTE - dans Le coin de l'Historien
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16 septembre 2007 7 16 /09 /septembre /2007 12:25
Formation obligatoire : les syndicats refusent les propositions du gouvernement Houleuse, la troisième réunion de préparation du décret sur les formations obligatoires qui s’est tenue le 10 septembre au ministère de l’Intérieur s'est conclue par le désaccord des syndicats de territoriaux sur le texte proposé alors que les représentants des élus l’ont validé.

Le point d’achoppement porte sur la durée des formations d’intégration et de professionnalisation qui, avec la loi du 19 février 2007, vont se substituer aux formations initiales d’application. Unanimement jugées trop lourdes, elles seraient remplacées, pour toutes les catégories, par cinq jours de formation d’intégration dans l’année qui suit une nomination, et par cinq jours pour les A et B et trois jours pour les C, dans les deux ans après la prise d’un nouveau poste. En complément tout au long de la vie professionnelle, la formation dite de professionnalisation serait de deux jours dans les cinq premières années puis de deux jours par période de cinq ans.

Si, pour les élus, ce minimum s’inscrit dans les limites du 1 %, pour les syndicats, le compte n’y est pas. «Nous sommes tombés sur le «cul» ! Le nombre d’heures proposé est ridiculement bas. Comment donner un contenu pertinent aux formations obligatoires en les faisant passer de six mois pour un cadre A issu d’un concours externe ou de trois mois pour un B à 10 jours ?», interroge Michel Keller, représentant la Fédération CGT des services publics.

Estimant lui-aussi ces propositions insuffisantes, Jean-Claude Lenay, secrétaire national à la Fédération Interco CFDT, souhaite un dispositif plus souple, avec un plafonnement, permettant d’évaluer les besoins pour leur adapter les durées de formation. Il juge trop rigide le cadencement de cinq ans pour la professionnalisation.
Agnès Lerat, pour la FFP CGC, a préféré quitté la réunion pour marquer son désaccord. «Deux jours tous les cinq ans pour la professionnalisation, cela revient à sept jours dans une carrière de 40 ans. C’est une plaisanterie ! Nous allons vers une déqualification des agents et de l’encadrement territorial. Nous sommes inquiets de ce sabrage par la DGCL», proteste-t-elle.
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15 septembre 2007 6 15 /09 /septembre /2007 11:38

Les majeurs placés sous tutelle ou sous curatelle ne peuvent pas être élus conseillers municipaux (art. L230 du Code électoral).
Par un jugement du 28 avril 2005, définitif à la date des élections en question, Mme C a été placée sous un régime de curatelle. Or, il résulte des dispositions des articles 509 et 507 du Code civil que la personne en curatelle ne peut reprendre ses droits qu'après un jugement de mainlevée. Aussi, même si elle soutient que la mesure de curatelle aurait pris fin avec la disparition des causes qui l'ont déterminée et dans la mesure où aucun jugement de mainlevée n'est intervenu à la date à laquelle se sont déroulées les opérations électorales dans la commune d'Anchamps, à effet de désigner un conseiller municipal, Mme C se trouvait sous un régime de curatelle et n'était pas éligible.
Par suite, décide le Conseil d'Etat , sont annulées les élections municipales du 24 septembre 2006 dans la commune et, donc, l'élection du maire du 29 septembre 2006.
Conseil d'Etat, 22 août 2007, req. n°299761
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14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 11:36

Monuments historiques

Un décret du 11 septembre dispose que le département du Lot est retenu pour expérimenter la gestion des crédits budgétaires affectés à l'entretien et à la restauration des immeubles, orgues et objets mobiliers classés ou inscrits au titre des monuments historiques n'appartenant pas à l'Etat ou à ses établissements publics. Ce texte a été pris pour l'application de l'article 99 de la loi n°2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales.
Décret n°2007-1343 du 11 septembre 2007, JO du 13 septembre
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13 septembre 2007 4 13 /09 /septembre /2007 10:15

Chargé de mission en développement économique (H/F) - Communauté de Communes Lembron Val d’Allier (63)

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12 septembre 2007 3 12 /09 /septembre /2007 13:20

O
ubliés les ministres d'Etat, ministres, ministres délégués et secrétaires d'Etat. Nicolas Sarkozy a établi une nouvelle hiérarchie : il y a les ministres invités à passer leurs vacances avec le président, ceux qui  peuvent figurer dans le public lors des prestations télévisées des lieutenants du chef de l'Etat, et ceux qui sont convoqués dans le bureau du secrétaire général de l'Elysée pour s'entendre dire que "le président n'a pas apprécié" leurs déclarations…

 

Dans la catégorie de ceux qui, quoi qu'il arrive, semblent bénéficier d'un soutien inconditionnel du chef de l'Etat, on trouve d'abord ceux avec qui il fait de la politique. C'est le cas du ministre de l'immigration, Brice Hortefeux, du secrétaire d'Etat chargé des anciens combattants – et, à l'UMP, des élections –, Alain Marleix, ou du secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, Roger Karoutchi.

Mais la plus soutenue est sans conteste la ministre de la justice, Rachida Dati. Symbole de l'intégration, porte-parole du candidat pendant la campagne, amie de Cécilia Sarkozy : elle cumule les atouts. Ni sa réputation d'autoritarisme qui a fait fuir la moitié de son cabinet ni ses déclarations qui ont choqué les magistrats n'ont changé les attentions du président.

Outre les marques de sympathie publiques qu'il lui a adressées avant l'été, il l'a fait monter dans sa voiture lors de certains déplacements, comme en Corse, il y a deux semaines, alors que Michèle Alliot-Marie devait héberger dans la sienne le préfet."Elle, elle est débranchée de partout", s'amuse un conseiller.

Plusieurs "poids lourds" politique du gouvernement lors de sa constitution n'en sont déjà plus. "MAM", encadrée dès le départ avec le contrôle des nominations à son cabinet et le choix par le président de fidèles à la tête de la police et des services secrets, a du mal à trouver sa place dans le paysage gouvernemental.

Jean-Louis Borloo, déchu de Bercy après sa gaffe sur la TVA sociale, se sent à l'étroit dans son grand ministère du développement durable. Il s'est plaint à MM. Guéant et Fillon : "Je ne suis pas pris au sérieux."

SENTIMENT D'ABANDON

D'autres ministres connaissent la disgrâce, comme Christine Lagarde, présentée encore au début de l'été comme l'une des "trouvailles" du gouvernement. "La première femme à diriger Bercy, même la gauche ne l'a pas fait", s'enthousiasmait alors Nicolas Sarkozy qui confiait à ses conseillers : "Si elle suit mes conseils, elle ira loin."

Depuis sa sortie sur la rigueur dans la fonction publique, le président lui en veut. "C'est toujours l'amour, mais il n'est plus réciproque", explique un proche du président.

Eric Woerth, ministre du budget, veut croire pourtant que "l'équipe gouvernementale est unie autour du président et que chacun peut y trouver sa place à partir du moment où il fait la démonstration qu'il peut y être utile".

C'est d'ailleurs le mot d'ordre que le président a fixé à ses ministres : "Rendez-vous indispensables." A l'outre-mer, Christian Estrosi, bien servi par l'actualité et par sa connaissance intime du président, a, lui, tout de suite compris. Depuis, Nicolas Sarkozy cite en exemple sa "réactivité".

Comme un entraîneur d'une équipe de football, il promeut les uns, les cajole, et laisse mariner les autres sur le banc de touche. Il reçoit peu ses ministres en tête à tête, excepté François Fillon. "Le voir est devenu un luxe", se plaint l'un d'entre eux.

D'où un possible sentiment d'abandon pour certains. C'est le cas de celui du travail, Xavier Bertrand : "Il était porte-parole, premier ministrable, rappelle un visiteur du président. Maintenant, il rédige un communiqué à chaque fois qu'il reçoit un syndicaliste. Il souffre."

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7 septembre 2007 5 07 /09 /septembre /2007 18:40

A partir du 13 septembre, à 6 heures, de nombreuses chaînes locales de la télévision numérique terrestre (TNT) deviendront disponibles aux téléspectateurs équipés, dans plusieurs régions, a indiqué, le 5 septembre, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).
Cette diffusion sera rendue possible par la recomposition des multiplex de la TNT, décidée le 19 décembre 2006, qui deviendra effective à cette date. En conséquence, les 18 chaînes locales actuellement diffusées en mode analogique seront simultanément diffusées en numérique. La liste complète de ces chaînes figure sur le site du CSA.
Dans certaines zones, la recomposition des multiplex permettra un second décrochage régional de France3.
La chaîne FranceO, destinée aux métropolitains originaires d'outre-mer, pourra désormais être diffusée en Ile-de-France.
Les nouvelles télévisions locales que le CSA vient d'autoriser en Ile-de-France - 3 canaux à temps plein pour Côté Seine, IDF1 et LTF et un canal partagé pour Demain IDF, BDM TV, Cinaps TV et Télé bocal - devraient être en mesure d'émettre d'ici à la fin de l'année.
Par ailleurs, le Conseil a ouvert une consultation publique préalable au lancement d'appels à candidatures pour de nouvelles télévisions locales diffusées en numérique, qui compléteront l'offre de services locaux.

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5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 18:38

François Fillon a créé, le 5 septembre, une mission d'étude du partage des rôles entre l'Etat et les collectivités territoriales, dans la perspective d’améliorer l’efficacité de l'action publique.
La répartition des compétences "est caractérisée par un enchevêtrement et des redondances qui nuisent à la transparence et à l'efficacité", écrit le Premier ministre, dans une lettre au sénateur Alain Lambert (UMP, Orne), qu'il charge d'animer un groupe de travail.
L'étude, qui doit aboutir le 15 novembre, s'inscrit dans la révision des politiques publiques annoncée par le gouvernement en juin. Et pourrait déboucher sur des décisions "avant la fin de l'année".
Elle devra également porter sur les relations financières entre l'Etat et les collectivités, qui pourraient devenir pluriannuelles et laisser une plus grande marge de manœuvre aux régions, départements, municipalités et autres structures intercommunales. François Fillon suggère la révision des "contraintes, notamment réglementaires, que l'Etat fait peser sur les collectivités locales", en vue d'une "simplification".

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5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 18:35

Bien sûr, il y a la télévision, les jeux vidéo et les nombreuses sollicitations de l'image, mais Técrit a aussi perdu du terrain dans les programmes et les méthodes

1. Des méthodes bizarres
Le ministère est plein de bonnes intentions. Son credo, depuis l'introduction du collège unique ? «Donner du sens» aux apprentissages. En lecture, il a donc été tenté un temps par la «globale» : l'enfant partait d'un texte, apprenait des mots entiers et donnait vite l'illusion qu'il pouvait lire. Gros échecs, débats échevelés. Ladite méthode est finalement bannie, mezzo voce d'abord, puis à pleine voix par Gilles de Robien en 2006, et la vieille syllabique, où l'on apprend ses lettres avant de les assembler, est réintronisée.
Pourtant, l'approche globale a quelques beaux restes. «A la maternelle, on demande à l'enfant de retenir la forme de certains mots, des prénoms, les jours de la semaine... Or l'imagerie médicale révèle que le contour global des mots ne joue pratiquement aucun rôle dans la lecture experte. Habituer l'en fant à y prêter attention lui fait prendre de mauvaises habitudes», explique Stanislas Dehaene, professeur de psychologie cognitive expérimentale au Collège de France, à l'occasion de la sortie de son livre (1)
Pour donner du sens encore, le ministère demande aux instituteurs de travailler le français dans toutes les matières, selon la fameuse règle de la «transversalité». «On est censé arrêter la leçon de géographie, faire ouvrir les cahiers de français, copier une phrase du cours et la travailler... Cela rompt la dynamique, et les élèves, en particulier les plus fragiles, ne s'y retrouvent pas», explique un instituteur de CM1 . Cela peut même tuer le plaisir. «C'est un leurre de croire qu'on va lire une oeuvre littéraire, et qu'on va en tirer des règles d'orthographe, poursuit une de ses collègues. Si on commence à découper les phrases, à les disséquer, on se déconnecte du sens et on assèche le rapport à la littérature.»
Toutes ces pratiques sont filles de la pédagogie «constructiviste», où l'élève est censé «construire son apprentissage». «En ORL (observation réfléchie de la langue), il faut que la règle soit découverte, comprise, et qu'elle soit réinvestie dans des exercices», explique Vincent, instituteur de CE2 dans l'Essonne. «L'intention est louable, mais quand il faut l'appliquer dans toutes les matières, elle fait perdre un temps infini, lâche une autre institutrice de CE2. Ce temps nous manque ensuite pour faire les exercices d'application et assurer les acquis.» Les familles ne s'y trompent pas. En octobre 2006, un sondage TNS-Sofres révélait que, pour 73% des parents, la grammaire et l'orthographe sont moins bien enseignés qu'avant.
C. B.

2. Moins de grammaire
«Certains de mes élèves butent en lecture. Ils n'ont pas passé assez de temps sur les sons difficiles, comme le son «g», qui change selon les voyelles, ou les sons «ss» et «s»», constate une institutrice de CM1-CM2. Car l'école demande aux enfants d'apprendre plus vite.
Entre 1956 et 1969, on comptait quinze heures de français par semaine. En 1969, plus que dix. En 1990, les maîtres se sont vu allouer une enveloppe globale - entre neuf heures trente et treize heures trente - pour traiter à la fois le français, l'histoire, la géographie et l'éducation civique. Aujourd'hui, cette fourchette est tombée entre neuf et dix heures. Pourquoi cet écrêtage progressif ? D'abord, parce que, selon les auteurs des programmes, les élèves sont supposés «faire» du français dans toutes les matières (la fameuse «transversalité»). Ensuite, parce qu'il a bien fallu caser l'anglais, l'éducation artistique ou l'éducation civique, introduits à l'école pour créer le fameux «bain culturel» cher à Jack Lang. Mais ce choix ne convainc pas les experts. «En réduisant le temps d'apprentissage systématique de l'écriture, des règles de grammaire, des familles de mots... les élèves apprennent moins bien et moins vite le français», juge Anne-Marie Chartier, professeur à l'Institut national de Recherche pédagogique (INRP) . «Moins une compétence est automatisée et plus elle nécessite d'attention et de place dans notre mémoire de travail», ajoute Jean-Pierre Jaffré, linguiste au CNRS. Du coup, si un élève fait un exercice simple, comme une dictée, l'orthographe résiste. Mais si on lui demande un exercice plus complexe, comme de rédiger un texte de son cru, il n'arrive pas à tout faire. D'où ces copies truffées de fautes.
Les très bons élèves se débrouillent. Mais pour les moyens, et a fortiori les plus fragiles, cette réduction des horaires équivaut au régime de la double peine. Ils partent avec un handicap, et la politique ministérielle, en les privant d'une imprégnation suffisante, les précarise un peu plus.
C. B.

3. Une langue littéraireDans la cour, il peut dire «bagnole», «tire», «caisse». Dans la classe, il est censé ne parler que d'«automobile», d'«auto», ou de «voiture». Dehors, il peut crier : «Zyva, là, Mathieu l'est trop nul, il est», à propos de son copain qui lui a fauché le ballon. Dedans, il doit expliquer «Mathieu m'a pris le ballon des mains». Dehors, la langue ordinaire. Dedans, le français classique, l'outil indispensable à la réussite scolaire. «Les enfants dont les parents ne parlent qu'un français simple à la maison s'en tirent bien à l'oral, mais ils sont très handicapés à l'écrit. Il y a des tournures syntaxiques et du vocabulaire qui leur manquent», explique Bénédicte, institutrice de CE2 à Saint-Gervais. Ils ne rattrapent jamais leur retard. «Dans les milieux sociaux défavorisés, le langage de l'école n'est pas repris dans la famille. On y verbalise moins. Si personne à la maison n'est là pour vous lire des livres, vous faire raconter votre journée, corriger vos expressions, vous faites partie des 26% d'élèves en difficulté», résume un inspecteur général de l'enseignement primaire.
L'école ignore le problème. «Elle fait comme si le français scolaire était une langue que l'élève possédait déjà, comme si l'enseignant était là pour mettre en ordre des compétences déjà acquises. En réalité, il faudrait l'enseigner comme une langue étrangère», estime Marie-Christine Bellosta, professeur de littérature à l'ENS, ex-femme de gauche, devenue pilier de la Fondation pour l'Innovation politique, proche de la droite. Pis : certains instituteurs croient bien faire en s'évertuant à parler «banlieue», pour être sûrs d'être entendus... Car, dans certains quartiers, les élèves comprennent bien que la langue classique, celle de l'école, est un signal social. Et ils la rejettent. Le phénomène prend toute son ampleur au collège, mais il naît à l'école primaire. «La langue soutenue, avec toutes ses règles, est pointée du doigt parce qu'elle est celle des Français WASP blancs dominants», résume Mathias Gavarry, professeur de lettres en collège. C'est la langue des «bourges», des «vieux», avec lesquels on ne pactise pas.
C.B.

4. Une orthographe ardue
Pas de chance pour les écoliers français. Notre orthographe est l'une des plus difficiles au monde. Pour une raison bête comme chou. Ce n'est pas parce qu'on entend un son qu'on saura l'écrire (« saint» se prononce comme «ceint», «sein» ou «sain», etc.). Les linguistes parlent de régularité entre les sons et les lettres. D'un pays à l'autre, elle varie du simple au double. Elle est de 97%, par exemple, pour l'espagnol ou l'italien, de 98-99%, pour le finlandais ou le danois, mais seulement de 55% pour le français. Sans parler des problèmes d'accord, de lettres qui ne sont pas prononcées. De quoi s'arracher les cheveux. Là où un petit Espagnol mettra quelques mois à maîtriser les bases orthographiques, il faudra des années pour un Français. C'est que, dans beaucoup de pays, l'orthographe s'est simplifiée, «phonétisée», au fil des siècles. En France, non. «Notre langue est très conservatrice», reconnaît le linguiste Alain Bentolila, qui vient de publier «Urgence école : le droit d'apprendre, le devoir de transmettre» (Odile Jacob). Centralisme linguistique, institutionnalisation... Dès le XVIIe siècle, avec la naissance de l'Académie française, s'instaure le pouvoir du dictionnaire, référence de la langue. «Le français a été créé par des professionnels de l'écrit qui ont voulu faire une orthographe pour l'oeil», indique Jean- Pierre Jaffré, linguiste au CNRS. Avec ses rigidités et ses absurdités. Pour la troisième édition du dictionnaire de l'Académie, en 1738, les imprimeurs n'avaient plus assez d'accents, ils ont mélangé les aigus, les graves et les circonflexes, quand ils n'en ont pas tout simplement oublié. Et les écoliers, trois siècles plus tard, continuent d'apprendre consciencieusement la liste des exceptions. D'où le débat, récurrent, sur une simplification de l'orthographe française. Les tentatives sont pour l'instant restées lettre morte. L'«arrêté de tolérances orthographiques», en 1901, qui nettoyait notamment les règles des accords, n'a jamais été appliqué. Pas plus que le toilettage de 1990, qui a modifié la graphie d'environ 2 000 mots. Vous ne le savez sans doute pas, mais vous avez le droit d'écrire portemonnaie, naitre, événement, nénufar et ognon...
N. F.

5. Une formation à revoir
Il n'est pas nécessaire d'être bon en français pour intégrer l'Institut universitaire de Formation des Maîtres (IUFM) qui forme les enseignants du primaire et du secondaire. Même un candidat brouillé avec les conjugaisons franchira le barrage du concours d'entrée. Il suffit qu'il excelle dans d'autres matières. Ces dernières années, le français représente moins du tiers du coefficient global, et seul un 5 est éliminatoire. D'ailleurs, pour se présenter, il faut une licence mais pas nécessairement en lettres. N'importe quelle discipline fera l'affaire : maths, sport, psycho. Ainsi Mathieu, anthropologue de formation, 27 ans, titularisé en juin, s'avoue «nul en orthographe».
Une fois le concours en poche, les futurs professeurs des écoles suivent pendant un an à l'IUFM des cours théoriques donnés par des profs qui, souvent, n'ont jamais enseigné dans le primaire. Un enseignement jugé «jargonnant» par les étudiants. On parle par exemple «des systèmes morphographiques et graphonêtiques du français» ou «des processus cognitifs en jeu dans l'acte de lire et écrire». L'idéologie sous-jacente ? «L'enfant est acteur de son savoir.» Pendant ces cours, il est peu ou pas question de grammaire. Et il est très difficile de se faire recommander une méthode de lecture. Au nom de la «liberté pédagogique» et parce qu'à force de débats théologiques le sujet est presque devenu tabou ! Sophie, professeur des écoles en Eure-et-Loir, n'a jamais réussi, malgré ses demandes insistantes, à ce qu'on lui en indique une. Aurélie, sortie en juin d'un IUFM, n'a eu droit qu'à neuf heures de cours consacrés à l'apprentissage de la lecture. «A entendre l'intervenante, c'était à nous d'élaborer une méthode, mais ce qu'elle décrivait était vertigineux, infaisable.»
Heureusement, restent les stages dans les classes tout au long de l'année, avec des «maîtres professeurs», très appréciés des étudiants. «C'est là qu'on apprend tout. Instit, c'est un métier d'artisan», dit Sophie. Quant aux éventuelles lacunes en français, à chacun de les gérer. Mathieu, l'handicapé de l'orthographe, a fait des dictées chez lui avec son papa, directeur financier, en attendant de découvrir son premier poste cette semaine.
J. de L.

6. L'écran contre le livre
Pas le temps de lire ? La belle affaire. C'est même à se demander si les gamins ont encore le temps de manger quand on voit le temps qu'ils passent scotchés devant leur écran... Les statistiques donnent le vertige. Deux heures et cinq minutes de télévision chaque jour entre 4 et 14 ans, une heure trois quarts à écouter la radio de 13 à 17 ans, dix heures par semaine à pianoter sur son ordinateur et sept heures devant sa console de jeux vidéo dès qu'on est ado... Les parents ne cherchent même plus à contrôler la (sur) consommation : un quart des enfants, entre 8 et 12 ans, et plus de la moitié, à partir de 13 ans, ont la télé dans leur chambre... «Chez certains garçons, à l'adolescence, on atteint des proportions quasi pathologiques, indique Marc Le Bris, instituteur, auteur de «Et vos enfants ne sauront pas lire... ni compter !» (Stock, 2004). Et même si ce n'est pas la cause principale de l'illettrisme, cela ne fait que décupler le phénomène.» L'écran ne serait pas seulement chronophage, ni uniquement un concurrent de plus pour l'école, comme l'a été, au XIXe siècle, le travail dans les champs. Il induirait des attitudes et des comportements inquiétants. «L'absorption immodérée d'images ne s'accompagne pas d'une restitution par le langage, indique une directrice d'école dans un quartier difficile de l'Essonne. L'écran tue le dialogue, le désir de communiquer. Il rend passif. Il nuit à l'acquisition du langage.» Sans parler des nouvelles formes de communication (SMS, MSN...), les «A 1 2C4» et autres «Téou», qui n'ont plus grand-chose à voir avec les règles ancestrales de l'orthographe française... Pour l'instant, il semblerait que l'écran fasse barrière et que les adolescents n'utilisent guère ce type d'abréviations dans leurs copies. Mais jusqu'à quand ? C'est la question que se posent les linguistes.
N. F.

(1)«Lire dans le cerveau», Odile Jacob, Paris 2007.

Caroline Brizard, Jacqueline de Linares, Nathalie Funès

Le Nouvel Observateur

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