Salers, cîté millénaire pétrie d'histoires et de traditions; le XXIème siècle sonnera sa Renaissance ! Ensemble, ayons à cœur de faire revivre Salers
7 Janvier 2010
Philippe SEGUIN, l'un des derniers présidents du Rassemblement Pour la République, est décédé cette nuit, des suites d'une crise cardiaque à l'âge de 66 ans.
L'ensemble de la classe politique a salué ce "serviteur de l'Etat", infatigable baron du gaullisme.
Le caractère trempé de Philippe SEGUIN tient à ce qu'il fut orphelin de père très tôt en 1944, alors que le territoire national n'était pas encore libéré. Il s'est battu toute sa vie pour la réhabilitation des régiments
A partir de 1978, il a été élu député des Vosges, il deviendra par la suite Ministre des affaires sociales et de l'emploi (1986-1988), puis Président de l'Assemblée nationale (1993-1997) et Président du RPR (1997-1999).
En 1992, Philippe SEGUIN fait parler de lui en prenant position contre le Traité de Maastricht. Selon lui, ce traité porte atteinte à l'indépendance de la France.
En 1995, Philippe SEGUIN prit une part active à la campagne présidentielle de Jacques CHIRAC. Il fut alors l'un des principaux inspirateurs du thème de la "fracture sociale" (avec Henri Guaino) qui permit à l'ancien maire de Paris de triompher de son duel face à son rival Edouard BALLADUR et de décrocher son premier mandat de président de la République.
Elu en 1997 à la présidence du RPR en remplacement d'Alain JUPPE, Philippe SEGUIN démissionnera spectaculairement de cette fonction en avril 1999.
Philippe SEGUIN revient sur le devant de la scène politique à l'occasion des élections municipales de 2001. Désigné tête de liste du RPR à Paris après des primaires internes qui virent la suspension puis l'exclusion du Maire RPR en place Jean TIBERI, il présente sa candidature dans le XVIIIe arrondissement en quatrième position de la liste conduite par Roxane DECORTE. Avant de se raviser et d'en prendre la tête. A l'issue d'une bataille fratricide contre Jean TIBERI (RPR dissident), Philippe SEGUIN échoue face à Bertrand DELANOE.
En 2002, au lendemain de la deuxième élection de Jacques CHIRAC à l'Elysée, Philippe SEGUIN refuse d'intégrer l'UMP que le président de la République vient de créer. Il abandonne alors son ultime mandat de conseiller de Paris et quitte définitivement la vie politique.
L'armée française lui doit la présence dans son ordre de bataille actuel d'un régiment de tirailleurs, héritiers des traditions de toutes les unités de tirailleurs algériens, tunisiens et marocains, qui avaient été dissoutes, en 1964, après la guerre d'Algérie.
Philippe était le fils de l'aspirant Robert SEGUIN, tué le 7 septembre 1944, alors qu'il combattait au sein du 4ème régiment de tirailleurs tunisiens pour la Libération de la France. Il tomba au col de Ferrière, à proximité de Clerval (Doubs), laissant derrière lui, à 22 ans, une jeune veuve et un fils, Philippe, né le 21 avril 1943. Cette absence du père fut l'un des grands traits de la personnalité de Philippe Séguin.
Un demi-siècle plus tard, maire d'Epinal et député des Vosges, il parvint à convaincre le ministre de la Défense François LEOTARD de rebaptiser le 170ème RI, qui tient garnison à Epinal dans la Caserne SCHNEIDER, en 1er régiment de tirailleurs. Ce fut fait le 1er mai 1994. Les traditions de l'Armée d'Afrique était relevée et le 1er Tir possède sa nouba, ses tenues de tradition nord-africaines et son bélier. A l'époque, les régiments d'infanterie mécanisée possèdaient des chars AMX-30 et l'un d'entre eux portait le nom d'aspirant Séguin.
Qu'il me soit permis ici de rendre hommage à ce grand personnage du Gaullisme qui a suscité de nombreuses vocations militantes, son trait de caractère était sa force même si cela lui a valu des incompréhensions dans un monde politique où rien n'est blanc et noir.
En 2001, j'étais parmi les partisans de Jean TIBERI, pleinement engagé contre l'investiture de Philippe SEGUIN et la toute puissance que le Rassemblement s'arrogeait quant à imposer un candidat, nous étions en ce temps-là dans une crise manifeste de légitimité qui s'est soldée par la perte de la Mairie de Paris. Tous ceux, militants, cadres et élus, qui ont connu cette époque-là, se souviennent encore de ce désespoir à voir partir l'une des places fortes du gaullisme.
Je n'ai jamais regretté cet engagement qui n'était en rien une défiance vis-à-vis de Philippe SEGUIN, dont les rangs tibéristes ont toujours défendu l'intelligence et la fidélité gaulliste. Alors, au jour de sa disparition, c'est avec respect que je regrette que sa course se soit arrêtée là, lui, l'homme du refus, l'homme de la résistance car c'est tout le symbole de la résistance à l'oppression qui a motivé son "non" à Maastricht, c'est toute son âme de grand gaulliste qui l'a poussé dans ces engagements !
Merci d'avoir éclairé le chemin,
Merci d'avoir su transmettre la flamme,