Salers, cîté millénaire pétrie d'histoires et de traditions; le XXIème siècle sonnera sa Renaissance ! Ensemble, ayons à cœur de faire revivre Salers
24 Mars 1989
| Il y a 20 ans, le Monde parlait de Salers ! Souvenirs ! | |
| Son buste trône sur la place qui porte son nom. Il s'appelait Ernest, Pierre, Marie de Lorette, Philogone Tyssandier d'Escous. Né à Salers en décembre 1813, il y mourut le 15 janvier 1889. Côté centenaire, Salers, cette année, ne chômera pas. Avec un petit faible pour son grand homme qui, rappelle le fascicule édité par les Amis de Salers, "réinventa la race bovine du même nom dont les belles robes rouges s'harmonisent si bien avec nos verts pâturages qu'elles animent de leurs tintinnabulantes sonnailles". Propagateur zélé de la culture de la pomme de terre, ce propriétaire-exploitant qui fut fait post mortem agronome honoris causa, n'en aimait pas moins le bon voisinage et n'hésitait pas à danser des bourrées endiablées au grand ravissement des habitués du "cercle" de Salers. Sous le basalte, la fête. Mais en affleurement, entre soi et pudiquement. Quand on monte du sud-ouest vers la Haute-Auvergne, on quitte le confit pour la châtaigne, des fermes chaudes pour des hameaux-fortins revêches, des villes ouvertes pour des cités encloses, comme Salers. Ici, la France est austère et la vie laborieuse. Avec pour toute coquetterie une touche de mélancolie. "Moi, confesse madame le maire, j'aime Salers sous la pluie : la pierre est encore plus austère, le basalte plus gris." Eloge de la matière. Défiance des apparences. On ne s'affiche pas. On va sa vie à pas furtifs en se glissant dans les venelles et sous les passages voûtés. On ne triche pas. On assume "l'âme d'une race qui se fit, au cheminement des siècles, comme l'eau au travers des basaltes, dure et froide". Tout en s'affirmant, à juste titre, hospitalier. Sans transiger pour autant. "Salers veut être aimée", confient ses "Amis", qui ajoutent aussitôt : "Passent ceux qui ne la comprennent pas." ACCÈS. A 48 km au nord d'Aurillac. Prendre la direction de Mauriac puis la D 680. ADRESSES. Il y a toujours au moins un hôtel ouvert. On peut s'installer aux Remparts/Château de la Bastide (71-40-70-33), au Bailliage (71-40-71-95), aux Templiers (71-40-71-35), au Gerfaut ou à l'Hôtel du Beffroi (71-40-70-11). Chambres d'hôtes chez M. Prudent (71-40-75-36) et meublés chez M. Lafon (71-40-70-67) et Mme Chanut (71-69-12-23). Plusieurs restaurants. Au menu : un verre de gentiane, les tripous, la truffade et le cantal de Salers. RENDEZ-VOUS. En juillet, la fête nationale s'accompagne d'une Foire à la brocante, et le 23, les huguenots attaquent ! Pas de panique, ce n'est qu'une reconstitution du siège de la cité en 1586... En août, l'accordéon est à l'honneur et l'église (qui abrite une superbe mise au tombeau) accueille des concerts. Visitez quelques belles demeures et le très didactique musée local, dans la Maison des templiers, pour tout savoir sur la gentiane, la race de Salers, la fabrication du cantal et admirer un intérieur auvergnat avec son cantou. Le conservateur, Philippe Garrigue, bourru et passionné, rêvait de s'agrandir dans la fort belle maison voisine mais il est question d'y faire des logements sociaux. "Un massacre", commente-t-il. Avec raison. Pour se renseigner : Syndicat d'initiative (71-40-72-33) et mairie (71-40-72-33). ENVIRONS. Fontanges et sa chapelle monolithe coiffée d'une vierge. Le puy Violent et la route des crêtes. Au sud, le village de Tournemire et l'imposant château d'Anjony. Vers Clermont, trois beaux villages : Blesle, Saint-Floret et Usson. Si vous venez par Brive, ne manquez pas Collonges-la-Rouge, siège de l'association et fief du président Ceyrac. |