Salers, cîté millénaire pétrie d'histoires et de traditions; le XXIème siècle sonnera sa Renaissance ! Ensemble, ayons à cœur de faire revivre Salers
22 Janvier 2008
Louis de CAZENAVE nous a quitté dimanche. Agé de 110 ans. Cet homme discret, auvergnat de la Haute-Loire est un monument de l'histoire collective des citoyens de France, il était l'un des deux derniers Poilus encore vivant.
Cet homme, entier et intègre, a connu la "faucheuse" allemande du Chemin des Dames dans l'Aisne. Les gens ne sont pas éternels mais l'idée, qu'inévitablement, la mémoire vivante d'une des plus sanglantes batailles de France; où le sang et la boue se sont mêlés, où des ennemis de toujours sont morts enlacés; où chaque famille de France, des Colonies d'alors et d'une partie du Monde, a payé son tribut en y envoyant un père, un frère ou un fils qui ne reviendrait jamais.
C'est de cette guerre qu'il s'agit. Toutes les guerres sont sales, même celles qui ne se passent pas avec des armes à la main; elles sont la face noire de l'homme et nous rappellent combien notre "humanité" n'est pas encore affranchie de nos reflexes bestiaux.
De toutes les guerres, la "Grande Guerre" a durablement marqué les esprits des Françaises et des Français. Elle est la raison principale de l'installation de la plupart des monuments aux morts dans nos villes et villages. Elle est celle qui a ramené dans ses foyers, des hommes, paysans, manœuvres, intellectuels, aristocrates, analphabètes la veille.... brisés par la cruauté d'une haine incontrôlable pour quelques arpents de terre.
Oui, nous avons récupéré l'Alsace-Moselle, mais à quel prix? Tant du côté français, que du côté allemand.
Louis de CAZENAVE est un héros et un grand homme, pas pour avoir survécu jusqu'à 110 ans; pas pour avoir fait une carrière admirable et avoir obtenu une notoriété publique; non. Louis de CAZENAVE est un héros parce que toute sa vie, il est resté fidèle à une image, à un vécu d'adolescent, c'est un héros de l'humanisme, c'est un symbole que l'on a trop oublié. Toute une génération de Français a entretenu la haine des Allemands après cette guerre, "les boches" ou les "schleus" couvraient les pages de la presse antigermanique d'entre deux-guerre.
"Il faut avoir entendu les blessés entre les lignes. Ils appelaient leur mère, suppliaient qu'on les achève. C'était une chose horrible. Les Allemands, on les retrouvait quand on allait chercher de l'eau au puits. On discutait. Ils étaient comme nous, ils en avaient assez."
Quel chemin parcouru depuis 1870, en passant par 1914 et pour finir en 1940; trois guerres, trois voire quatre générations enrôlées, deux pays qui s'affrontent, quelle puissance dégagée, mais quel gâchis, d'hommes, de temps, d'espoir...
Aujourd'hui, la France et l'Allemagne ont franchi l'ultime étape de la coopération: la fraternité, car c'est bien de cela qu'il s'agit, la France et l'Allemagne, sont deux frères de lait (le Traité de Verdun), de sang (3 guerres), et pour le meilleur et pour le pire (la réconciliation).
Il ne reste plus qu'un ancien combattant de la Grande Guerre encore en vie, Lazare Ponticelli.