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Salers au cœur avec Cédric Tartaud-Gineste

Salers, cîté millénaire pétrie d'histoires et de traditions; le XXIème siècle sonnera sa Renaissance ! Ensemble, ayons à cœur de faire revivre Salers

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La Hongrie offre la nationalité à sa Diaspora

Lu dans le Figaro ce matin
Le nouveau premier ministre hongrois veut réparer l'«injustice» du traité du Trianon qui amputa la «grande Hongrie» des deux tiers de son territoire. 

 

Viktor Orban, le nouveau premier ministre hongrois, avait juré d'en faire l'absolue priorité de son mandat. Avant même de penser à réduire la fiscalité, relancer la croissance, tailler dans les dépenses publiques, mesures indispensables pour endiguer la récession la plus dramatique d'Europe centrale, il tenait à accorder la nationalité hongroise à 3,5 millions de magyarophones vivant hors des frontières. Pour ces Hongrois de souche résidant principalement dans les pays frontaliers (Slovaquie, Roumanie, Autriche, Croatie, Ukraine et Slovénie), la douloureuse «injustice du Trianon», du nom du traité de paix qui en 1920 amputa la «grande Hongrie» des deux tiers de son territoire, devait être réparée.

À peine installé, le leader du parti Fidesz (conservateur) a tenu parole. Fort d'une majorité parlementaire des deux tiers, le plus large soutien jamais consenti à un gouvernement démocratique européen depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Orban a soumis lundi aux députés une proposition de loi en ce sens. Elle pourrait être adoptée le 20 août, jour de la fête nationale hongroise, et entrer en vigueur le 1er janvier 2011, le jour même où la Hongrie assumera la présidence de l'Union européenne pour six mois.

Invoquant l'exemple américain où les 117 000 Hongrois installés aux États-Unis ont la double citoyenneté, le ministre des Affaires étrangères, Janos Martonyi, a précisé que celle-ci serait accordée «sur une base individuelle» à ceux qui seraient «d'ascendance magyare et parlent le hongrois».

 

La montée continue du sentiment nationaliste
Viktor Orban, le nouveau premier ministre hongrois.
Viktor Orban, le nouveau premier ministre hongrois.

 

Vieux serpent de mer de la politique hongroise, la question de la nationalité des minorités hongroises avait conduit à la tenue d'un référendum populaire en 2004, déjà à l'initiative du Fidesz alors dans l'opposition. Il s'en était fallu de peu que la Hongrie ne provoque une crise sérieuse avec ses voisins d'Europe centrale. Moins de 40% des électeurs s'étaient déplacés, signe d'un désintérêt relatif pour le sujet, et le scrutin avait été annulé.

La situation a bien changé en six ans. La Hongrie a connu les pires émeutes de son histoire récente à l'automne 2006, à cause des mensonges du premier ministre socialiste de l'époque, Ferenc Gyurcsany, sur l'état réel de l'économie du pays. Le sentiment nationaliste a prospéré dans le pays, conjugué au divorce croissant entre les élites et le peuple. Au sein de l'extrême droite s'est créé un mouvement paramilitaire, la «Garde hongroise», dissoute le 2 juillet 2009 par la justice, mais dont les membres continuent de parader, arborant le drapeau à rayures rouge et blanc, symbole de la Hongrie millénaire d'Arpad, le Clovis magyar, mais aussi de l'ex-parti nazi des Croix fléchées.

 

Une provocation aux yeux des Slovaques

 

Le premier ministre hongrois a-t-il signé un discret compromis avec le Jobbik, parti d'extrême droite auréolé des 16% des voix lors des élections législatives du 25 avril ? «Orban voulait donner des gages aux nationalistes, estime Anton Pelinka, politologue à la Central European University (CEU) de Budapest. Comme il ne souhaite encourager ni l'antisémitisme, ni la xénophobie, surtout dirigée contre les Roms, il a joué une carte plus “modérée”, celle de la double nationalité pour les minorités magyarophones à l'étranger.»

Le danger pourrait venir de l'interminable querelle avec la Slovaquie, plutôt sourcilleuse sur le statut de sa minorité hongroise, forte de 500 000 âmes, soit 10% de la population totale, à laquelle elle refuse l'exception linguistique. «L'initiative d'Orban constitue une provocation grave aux yeux des Slovaques, peut-être aussi des Roumains, poursuit Pelinka. Elle va réveiller des nationalismes antagonistes au sein de l'Union européenne.»

Si la proposition de loi n'a pas fait de vagues en Voïvodine serbe et en Transylvanie roumaine, où vivent d'importantes communautés hongroises, la Slovaquie a déjà prévenu qu'elle pourrait protester devant l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), dont le siège se trouve à Vienne. Robert Fico, le premier ministre slovaque, a qualifié de «menace à la sécurité» les projets du Fidesz et rappelé l'ambassadeur slovaque en poste en Hongrie pour consultations. Entre Bratislava et Budapest, le torchon brûle à nouveau.

 


 

 

Le parti d'Orban veut frapper les «trois coups»

 

En remportant lors des législatives d'avril plus des deux tiers des sièges au Parlement, le Fidesz, le parti du premier ministre désigné Viktor Orban, peut modifier comme il l'entend la Constitution. Il a bien l'intention d'user de ce pouvoir sans tarder. Dès lundi, il déposait une motion pour ramener de 386 à 200 le nombre de députés au Parlement, mais aussi diviser par deux le nombre d'élus locaux. Décidément très actif, le Fidesz, dans le cadre d'un projet intitulé «Nouvelle direction 2010», a également déposé une loi dite des «trois coups». Empruntée au système judiciaire américain, elle prévoit la peine la plus sévère aux récidivistes pour leur troisième condamnation. Le parti d'Orban se propose aussi d'interdire l'octroi du permis de conduire aux personnes qui n'ont pas atteint un niveau d'éducation minimum équivalent à huit années scolaires et de supprimer les allocations familiales aux parents en cas d'absentéisme répété des enfants à l'école.

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